Je pensais rentrer de vacances avec une nouvelle présentation de skatepark pour Befulious. Au final, je suis surtout rentré avec une question : pourquoi est-ce si compliqué de trouver un bon spot skate autour de Salers, Murol, Chambon-sur-Lac, Saint-Nectaire ou Égliseneuve-d'Entraigues ?
Je pensais pouvoir tester un skatepark pendant le voyage
Quand je pars quelque part, j’ai maintenant un réflexe assez simple : je regarde s’il y a un skatepark dans les environs. Pas seulement pour rouler un peu, mais aussi pour Befulious. L’idée, c’est de découvrir de nouveaux spots, les tester, les filmer, prendre quelques photos et créer une fiche utile pour les skateurs qui passeraient dans le coin.
Cette fois, j’étais en Auvergne, dans des endroits plutôt calmes et magnifiques : Salers, Murol, Chambon-sur-Lac, Saint-Nectaire, Égliseneuve-d'Entraigues... Franchement, niveau paysages, il n’y a rien à dire. C’est superbe. Par contre, niveau skatepark, j’ai vite compris que ça allait être compliqué.
J’ai cherché sur internet, j’ai regardé autour de moi, j’ai essayé de voir s’il y avait au moins un park intéressant à présenter. Mais dans le secteur où j’étais, je suis surtout tombé sur de petits spots modulaires, des équipements très simples ou des zones qui semblaient plus pensées pour dépanner que pour vraiment faire une grosse session.
Je ne voulais pas forcer un contenu juste pour dire que j’avais filmé un skatepark
J’aurais pu faire un détour vers une plus grande ville, comme Clermont-Ferrand par exemple, où il y a forcément plus de spots adéquats. Mais ce n’était pas vraiment l’esprit du voyage.
J’étais venu ici pour profiter de l’Auvergne, des villages, des routes, du mini-van, des paysages et du calme. Faire une grosse route juste pour aller filmer un skatepark qui n’avait finalement rien à voir avec les endroits que je visitais, ça aurait été un peu forcé.
Et surtout, je n’ai pas envie de remplir Befulious avec du contenu fait à moitié. Si je présente un skatepark, je veux vraiment l’avoir testé, compris, filmé correctement et pouvoir donner un avis utile. Là, je n’avais pas ça...
Donc au lieu de faire semblant, je me suis dit que le sujet était peut-être ailleurs : pourquoi, dans ce genre de région, on trouve si peu de vrais skateparks ?
Une région incroyable, mais pas vraiment pensée pour le skate
Ce qui m’a marqué, c’est que l’Auvergne n'a rien à voir avec notre région du Nord. On traverse des petits villages, des routes de montagne, des zones naturelles, des lacs, des champs, des endroits super calmes. C’est exactement ce qui fait le charme du voyage.
Mais pour le skate, c’est forcément plus compliqué. Un bon skatepark en béton demande un vrai budget, un terrain adapté, une demande locale, une réflexion sur les nuisances sonores, l’entretien, l’accès et la sécurité...
Dans une grande ville, un skatepark peut être utilisé tous les jours par beaucoup de monde. Dans un village ou une petite commune, l’utilisation est forcément plus limitée, surtout hors saison touristique. Je comprends donc pourquoi les communes hésitent à investir dans un gros projet béton.
Ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire. Mais ça explique pourquoi on tombe souvent sur de petits modules plutôt que sur des skateparks en béton plutôt récents.
Le problème des petits skateparks modulaires
Je ne veux pas cracher gratuitement sur les petits modules. Pour certains jeunes du coin, c’est peut-être déjà mieux que rien. D'autant plus que l'ancien skatepark de Mouscron ne contenait que des modules et ça m'a bien aidé à apprendre pas mal de tricks.
Mais quand on skate depuis un moment, on sent vite les limites. Le sol n’est pas toujours agréable, les modules sont parfois trop petits, trop raides, mal espacés ou simplement peu inspirants. On peut rouler un peu, mais difficile de vraiment progresser ou de construire une bonne session, surtout vu les modules des spots de la région.
Et c’est là que je trouve ça dommage. Parce qu’un bon skatepark, même pas forcément immense, peut devenir un vrai lieu de vie. Pas seulement pour les skateurs, mais aussi pour les trottinettes, les BMX, les rollers, les jeunes du coin et même les gens de passage.
Peut-être qu’il faudrait penser autrement
À mon avis, la solution n’est pas forcément de construire un skatepark dans chaque petit village. Ce ne serait probablement pas réaliste.
Par contre, dans des zones comme celles que j’ai visitées, il y aurait peut-être quelque chose à faire à l’échelle de plusieurs communes. Un vrai skatepark intercommunal, bien placé, accessible, pas trop proche des habitations, et pensé pour durer.
Lorsque j'étais à Chambon-sur-Lac, j'ai remarqué un petit pumptrack modulaire et vu le passage qu'il y a les week-ends de fortes chaleurs, je pense que ce lieu serait parfait pour un skatepark. Pas besoin d’un énorme park, juste un bon espace béton, avec quelques courbes, un ledge, un rail, une petite zone flat et pourquoi pas une manual pad, ce serait déjà énorme pour les pratiquants du coin et les gens de passage.
Surtout dans une région touristique. Quand on voyage en van ou en famille, pouvoir s’arrêter dans un bon petit skatepark entre deux visites, c’est clairement un plus.
Je rentre sans fiche skatepark, mais pas sans contenu
Au départ, je me disais que j’allais peut-être rentrer un peu bredouille pour Befulious. Pas de vraie présentation de skatepark, pas de test complet, pas de vidéo classique à publier par manque de temps.
Mais finalement, ce voyage m’a quand même donné un sujet intéressant. Parce que parler de skateparks, ce n’est pas seulement montrer les meilleurs spots. C’est aussi comprendre pourquoi certains territoires en ont peu, pourquoi certains spots ne sont pas adaptés, et comment le skate pourrait être mieux intégré dans certaines régions.
L’Auvergne m’a rappelé un truc simple : le skate n’a pas la même place partout. Dans certaines villes, il fait partie du paysage. Dans d’autres endroits, il reste presque invisible.
Et c’est justement pour ça que Befulious existe aussi : découvrir, documenter, donner un avis de terrain et montrer ce qu’on trouve vraiment quand on cherche un spot.
Conclusion
Si tu pars skater autour de Salers, Murol, Chambon-sur-Lac, Saint-Nectaire ou Égliseneuve-d'Entraigues, ne t’attends pas à pouvoir skater.
La région est magnifique pour voyager, marcher, visiter, se poser en mini-van et profiter du calme. Pour le skate, par contre, c’est beaucoup plus limité dans les coins reculés.
Je n’ai donc pas ramené la présentation skatepark que j’avais imaginée. Mais j’ai ramené autre chose : une réflexion sur la place du skate dans les territoires plus ruraux, et sur ce qu’il manque parfois pour rendre cette pratique plus accessible.
Et au final, c’est peut-être aussi ça, documenter le skate.
Aucun commentaire..
Voulez-vous vraiment supprimer ce commentaire ?